
Rapport des missions Burkina 2025-2026
La mission de deux semaines en septembre 2025 s’est bien déroulée. Notre unité dentaire est incluse dans un grand institut d’enseignement pour infirmières et sages femmes. Depuis 4 ans, nous assurons la formation universitaire d’un étudiant burkinabé (déjà infirmier) à la profession de dentiste. Il lui reste juste 2 ans d’études pour obtenir son diplôme. Vu que les cours ne reprenaient qu’en octobre, cet étudiant, Didier, est venu faire son stage à Ouagadougou durant 2 semaines avec nous. Il est très motivé, très doué, comprend et apprend très vite les « trucs et ficelles » vu son bagage d’infirmier.
Il s’intéresse fort aux traitements endodontiques mécanisés (maillon important pour sauver beaucoup de dents dans cette région). Donc, la reprise du cabinet dans 2 ans par un autochtone semble assurée et prometteuse.
De plus, nous remarquons une évolution dans les demandes des patients. Au début de nos missions, ils se présentaient trop tard majoritairement pour des extractions de dents infectées et irrécupérables. En effet, ils avaient l’idée qu’on ne soignait pas les dents et que lorsqu’elles font trop mal on les extrait. Nous leur avons expliqué que l’on pouvait soigner les dents, et actuellement ils viennent pour des soins curatifs et préventifs (examen buccal, traitement de caries, dévitalisation, détartrage).
Certains viennent pour réaliser des prothèses dentaires. Vu l’état des routes et les bas côtés en terre surchargés de motos et vélos, les collisions sont fréquentes et les chutes provoquent des incisives cassées ou arrachées. La demande de remplacement est donc importante. Et, depuis plusieurs années, notre mission s’est enrichie de la collaboration d’une prothésiste belge, Ariane, qui forme une infirmière burkinabé. Ariane a généreusement amené tout le matériel nécessaire et de qualité depuis la Belgique pour ouvrir le premier laboratoire de prothèses dentaires. Grâce à cet apport, l’étudiante en prothèses réalise déjà des petites prothèses de une à six dents avec crochets. Elle est très douée et minutieuse.
Au Burkina, il faut savoir que la profession de prothésiste n’existe pas ; les dentistes y vont de leurs bricolages et de leurs inspirations, et demandent des prix exorbitants pour des travaux qui ne tiennent pas la route. D’où le succès de notre service prothèse inclus dans nos missions et qui continue après notre départ.
A titre d’exemple, quand nous quittions la mission de janvier 2025, l’infirmière prothésiste devait encore terminer la fabrication et la pose de 77 prothèses.
En janvier 2026, le binôme belge sur place a de nouveau réalisé beaucoup de soins et de nombreux traitements de canaux (dévitalisations) pour sauver les dents à la demande des patients. Nous avons dû faire très peu d’extractions, ce qui est très encourageant
Dans le futur, outre les soins dentaires, nous pensons organiser des séances de dépistage et de sensibilisation dans l’institut d’infirmières où nous travaillons. Cette école accueille 350 à 1500 étudiants. Le but est double :
- pour elles-mêmes, les infirmières doivent avoir une bonne hygiène dentaire et une bouche saine, et donc recevoir des soins si nécessaire.
- étant donné qu’elles seront en contact avec la population de par leur profession, ces soigneuses pourront veiller à la promotion de la santé bucco-dentaire, conseiller et pousser les gens à la visite chez le dentiste.




